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Joris Menuge

Auto-entrepreneur

Soigneur de navires

17/12/18 à 17:30

À seulement 23 ans, Joris Menuge s'est lancé dans l'aventure de l'entrepreneuriat avec un savoir-faire précieux : la charpente maritime. Il contribue ainsi à remettre à flot tout un pan de notre patrimoine maritime.

Lorsqu'adolescent, il reçoit des mains de son oncle une maquette de bateau en bois à construire, Joris Menuge n'imaginait pas que plus tard, il se consacrerait à remettre à flot des navires. Dans un hangar du Yacht-Club de la mer du Nord (YCMN), le jeune charpentier maritime rénove intégralement le « Jonas », un plan Gros-Jacques des années 60 ; le témoin d'une époque qui a vu la plaisance se développer dans le Dunkerquois, changeant l'image du littoral et le lien qu'entretiennent les habitants avec la mer. Le « Jonas » est l'un des trois navires survivants qui furent réalisés dans l'atelier dunkerquois des frères Ziegler, bien avant les constructions en série. « C'est un prestige de pouvoir travailler sur ce bateau », estime Joris Menuge, conscient de la valeur d'une telle restauration pour le patrimoine dunkerquois. Plus accoutumé aux bateaux de grandes dimensions, il n'a pas hésité une seconde lorsque l'association du YCMN et les propriétaires des bateaux en bois dits « classiques » ont fait appel à ses savoir-faire pour restaurer ou entretenir cette flotte originale. Un enjeu important puisque le samedi 23 juin prochain, le club nautique fêtera ses 60 ans en organisant une course dédiée aux bateaux en bois de « belle plaisance » d'après-guerre. « C'est un travail de minutie, mais c'est justement cela qui me plaît » s'enthousiasme-t-il. Après avoir démonté le pont, les barreaux et les bordées, fortement endommagés par le temps et l'eau, Joris s'attèle à reconstruire le navire avec du bois massif d'acajou, d'acacia et de chêne. « J'ai pu avoir accès aux photos d'origine pour rénover à l'identique le « Jonas ». C'est l'histoire locale maritime qui revient à la surface. »

« J'attends beaucoup de la Turbine, un lieu dédié à l'entrepreneuriat, notamment pour développer mes réseaux.»

Normand d'origine, Joris Menuge a découvert l'univers des chantiers navals par hasard. Séduit, il se lance d'abord dans un CAP menuiserie, suivi d'un CAP en charpente navale. Il acquiert les savoir-faire spécifiques au travail du bois, puis poursuit en apprentissage avec  un BEP professionnel charpentier de marine. « J'ai entendu parler du chantier Tourville à Gravelines qui reconstruit à l'identique un vaisseau du XVIIe siècle, le « Jean-Bart » : un projet rare, audacieux, démesuré et surtout une aventure humaine incroyable à laquelle j'ai eu la chance de participer. »

 

 

Une fois son contrat terminé, Joris Menuge souhaite rester dans le Nord, sa région d'adoption. « Faute de trouver un employeur, j'ai décidé de me lancer en tant qu'autoentrepreneur ». Un saut dans l'inconnu qu'il réalise en octobre 2016, à tout juste 23 ans. « L'administratif, la comptabilité, j'ai dû tout apprendre. » Dans la foulée, il participe au lancement de la communauté entrepreneuriale, initiée dans le cadre des États Généraux de l'Emploi Local pour insuffler l'esprit d'entreprendre dans le Dunkerquois. « J'attends beaucoup de la Turbine, un lieu dédié à l'entrepreneuriat, notamment pour développer mes réseaux. » Le jeune charpentier espère ainsi créer des passerelles avec les voileries et les spécialistes de l'accastillage pour constituer ensemble une filière autour de la rénovation de bateaux, « pour faire revivre cet héritage dunkerquois. »

 


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